Le Nicaragua est bordé au nord par le Honduras et au sud par le Costa Rica. Plus de 90 % de sa population, et les centres du gouvernement et de l'économie, sont situés sur les Plaines étroites du Pacifique. La majorité des minorités du Nicaragua vit dans les basses terres atlantiques tropicales peuplées d'une manière très éparpillée - qui constituent plus de 56 % du territoire national.
Langues principales : espagnol, créole anglais, Miskitu, sumu, rama.
Religions principales : christianisme (catholique, évangélique, moravienne, épiscopale).
Principaux groupes minoritaires : Miskitu, Créoles (9 %, CIA 2007), Mayangna (Sumu), Garífuna, Rama.
Les minorités indigènes du Nicaragua (5 %, CIA 2007) comprennent cinq groupes différents parlant six langues différentes. Leurs communautés sont situées dans les forêts tropicales et lagons de la Région Côtière Atlantique. Elles comportent les réserves de ressources naturelles les plus riches du pays, et la seconde jungle tropicale des Amériques la plus importante, après l'Amazonie au Brésil.
Le Nicaragua compte également des minorités substantielles originaires du Moyen-Orient et d'Asie de l'est.
Le Nicaragua est unique dans l'histoire coloniale de l'Amérique latine. Il fut simultanément colonisé par l'Espagne sur la Côte Pacifique ouest, et par l'Angleterre sur la Côte Atlantique est. Sous le régime espagnol, les populations indigènes centrales et de la Côte Pacifique furent presque annihilées. Beaucoup furent réduites à l'esclavage et envoyées en Amérique du sud pour travailler dans les mines coloniales espagnoles de métaux précieux. Avec le temps, les groupes indigènes restants se mêlèrent aux colonisateurs espagnols, d'où évolua la culture actuelle dominante de langue espagnole et de religion catholique. Il reste encore quelques communautés indigènes Mayagna sur la Côte Pacifique.
Les peuples de la Côte Atlantique évitèrent une dépopulation précoce, principalement due au désintérêt des espagnols à coloniser des régions ayant un potentiel d'exploitation minière limité, et des habitants férocement résistants. La population indigène parlait principalement le chibcha, elle vivait de la chasse, de la pêche et de l'agriculture itinérante. Le chichba, qui n'avait rien à voir avec les langues européennes, devint connu sous le nom de mayagna (sumu). Un autre groupe chichba, les ramas, conservèrent également des communautés, et continuèrent à employer leur propre langue.
Au début du 17ème siècle, les pirates britanniques commencèrent à utiliser les estuaires côtiers comme cachettes, puis se mirent à extraire les bois durs naturels de la région, en association avec le groupe indigène qui devint connu sous le nom de Miskitu. Les africains des Caraïbes qui réussirent à s'échapper de l'esclavage se déplacèrent également vers la Côte Miskitu, et certains s'intégrèrent aux groupes indigènes. Les Miskitu indigènes se mêlèrent aux peuples d'origine africaine et aux européens, et évoluèrent vers une culture autonome distincte qui utilisait des éléments provenant de tous les groupes, y compris la langue et les structures sociales.
Les Miskitu établirent des relations fermes avec la couronne britannique, et obtinrent ainsi l'accès aux armes à feu et à d'autres produits d'importation, ce qui les aida à acquérir un ascendant significatif par rapport aux autres groupes côtiers. Pendant la période du protectorat britannique (1687-1787), les Miskitu firent fonction d'intermédiaires dans les négociations de commerce européennes avec d'autres peuples indiens, menèrent des raids d'esclavage sur de longues distances, et assistèrent dans la recapture des esclaves évadés dans d'autres territoires des Caraïbes. Ils se joignirent souvent aux anglais lors d'incursions sur les propriétés espagnoles rivales et devinrent finalement la minorité ethnique la plus importante de la Côte.
À la fin du 17ème siècle, les marchands et les colonisateurs anglais commencèrent à amener des africains sur la Côte Atlantique du Nicaragua pour des travaux forcés, d'extraction de bois, et pour le travail dans les plantations. Après l'émancipation à la fin du 19ème siècle, ils furent rejoints par des immigrés économiques en provenance de la Jamaïque et du Belize. Ils s'étaient tous mêlés aux colonisateurs européens et aux groupes indigènes, et formèrent ensemble une minorité distincte de langue anglaise qui devint connue sous le nom de créole. Ils établirent des centres de population sur la Côte Atlantique sud, et devinrent la minorité suivante qui soit la plus importante avec une culture assez semblable à celle des nations des Caraïbes.
L'Angleterre céda la plupart de ses conquêtes à la Côte Atlantique en 1860, et la région resta une réserve autonome jusqu'en 1894. Dans les années 1890, des intérêts américains s'installèrent pour mettre en place des entreprises d'exportation de bois et de fruits à grande échelle.
Avec l'arrivée au pouvoir du Président José Santos Zelaya en 1893, aidée par la marine américaine, l'armée nicaraguayenne nationale envahit la Côte Caraïbe, et força l'intégration territoriale, sous le contrôle du gouvernement central. L'annexion provoqua une augmentation de la migration métisse sur la Côte, et des politiques d'absorption économique et culturelles. Ceci comprenait des pressions pour une intégration totale de la Côte Caraïbe dans le flux métisse à dominance hispanique basé sur le Pacifique, par le moyen de décrets gouvernementaux qui marginalisaient les cultures et langues indigènes de la région.
Une guerre de libération contre l'occupation américaine menée par Augusto Cesar Sandino fut organisée sur la Côte Atlantique, dans les régions Miskitu. Sandino fut assassiné en 1934 et, sous la dictature dynastique naissante de Somoza, la région resta marginalisée et négligée. On donna carte blanche à des entreprises étrangères pour exploiter son or, son argent, son bois et sa pêche (fruits de mer). Ceci augmenta le ressentiment de la Côte Caraïbe, et l'antagonisme envers la région du Pacifique.
Les relations ne s'améliorèrent pas de manière significative avec le triomphe de la révolution sandiniste en 1979, invitant un grand nombre de Miskitu à s'allier avec les forces « contra » anti-gouvernementales soutenues par les Etats-Unis, et entraînant une recherche de solutions politiques.
Deux années de discussions à l'échelle nationale aboutirent à la Loi sur l'Autonomie de 1987, qui avait pour objectif principal de parvenir à la paix et de concentrer l'attention du pays sur les droits des peuples de la Côte. Les groupes minoritaires de la région accueillirent la proposition d'autonomie comme une opportunité de garantir non seulement les droits religieux, linguistiques et culturels multiethniques, mais également les droits économiques historiques sur les terres et le commerce, et le partage dans l'exploitation des ressources naturelles.
La Loi sur l'Autonomie de 1987 est une initiative unique et remarquable destinée à un autogouvernement limité au sein de la République. Deux zones autonomes furent créées : la Région Autonome de l'Atlantique Nord (RAAN) et la Région Autonome de l'Atlantique Sud (RAAS), avec leurs conseils gouvernementaux respectifs. Toutefois, aucune provision ne fut émise pour la mise en place du statut. Après 1990, le gouvernement de Violeta Chamorro réaffirma le contrôle central par l'intermédiaire de l'Institut du Développement Régional (INDERA)., basé à Managua. Ce ne fut pas avant le mois de juillet 1993 que les conseils furent en mesure de présenter un projet pour accélérer l'implémentation de l'Autonomie.
Entretemps, les populations côtières continuèrent à prendre des initiatives et, en mars 1995, l'Université des Régions Autonomes de la Côte Atlantique (URACCAN) entreprit sa première année, consacrée au développement des ressources humaines nécessaires à un développement vraiment autonome. Ceci fut ensuite accentué par l'établissement ultérieur de l'Université Indienne et Créole Bluefields (Bluefields Indian and Creole University (BICU)).
Les élections de 1996, et celles de 2001, ne firent pas grand chose pour changer les attitudes du gouvernement central. En mai 2002, le Président nicaraguayen Enrique Bolaños refusa de prêter serment au Conseil Autonome, pendant 8 mois. L'exploitation des ressources de la région se poursuivit avec des sociétés s'engageant dans l'extraction des ressources, sans le consentement des propriétaires indigènes.
Il y eut un progrès évident dans l'approbation du statut par l'Assemblée Nationale en 2003, garantissant une meilleure reconnaissance des droits du peuple indigène et des communautés ethniques, ainsi que la consolidation du cadre de travail juridico-légal de l'Autonomie. La plus remarquable fut le passage des réglementations pour le Statut d'Autonomie lui-même. D'autres réglementations très importantes gagnèrent la légitimité, telles que la Loi de Démarcation des Propriétés Communales (loi 445) ; la Loi Générale sur la Santé (loi 423), qui reconnaît l'usage et la promotion de la médecine traditionnelle dans les Régions Autonomes ; la Loi de Conservation, de Développement et de Développement Durable du Secteur Forestier (loi 462), qui établit le pouvoir des Conseils Régionaux à déterminer la politique forestière et l'accord de concessions.
Cependant, le Gouvernement Central continua à gérer de manière unilatérale les ressources naturelles de la Côte des Caraïbes, en flagrante violation des lois de l'Autonomie. Les principaux exemples sont l'autorisation des permis de pêche par l'intermédiaire de l'ADPESCA par le Ministère du Développement, de l'Industrie et du Commerce ; l'opération de la société d'exploitation minière HEMCO ; et les autorisations accordées aux sociétés d'exploitation forestière par l'intermédiaire de l'INAFOR.
De plus, le Plan de Développement National présenté par le gouvernement central en 2003 ne comportait la Côte Caraïbe dans aucune de ses perspectives. Ceci fut contesté par les organisations côtières, ainsi que par les institutions de financement internationales, invitant l'UNDP à soutenir la préparation d'un Plan de Développement Régional spécial, composé de programmes et de plusieurs projets spécifiques.
Les ONG internationales continuèrent d'être les principaux financeurs des projets de développement régionaux, et des programmes tels que le programme d'enseignement bilingue. La centralisation administrative du financement persista également, se manifestant dans la rétention ou le retard d'attributions des fonds affectés aux structures gouvernementales de la région. Sur les 33 millions d'USD (568 millions córdobas) du budget alloués pour l'investissement public dans les Régions Autonomes, seulement 1,9 million d'USD (32 millions córdobas) furent réellement administrés par le Conseil Régional. Ceci fut considéré régionalement comme une autre mesure coercitive visant à obliger dl'acceptation de ces politiques imposées par Managua.
La victoire du Parti Sandiniste sous Daniel Ortega aux élections nationales du début de l'année 2007 souleva certains espoirs chez les partisans indigènes et créoles de la Côte Caraïbe pour une revitalisation du processus d'autonomie, et pour la fin d'une attitude discriminatoire implicite et explicite envers les populations des Régions Autonomes aux niveaux officiels.
Les groupes locaux des droits de l'homme ont signalé que la discrimination et l'exclusion continues du peuple indigène et d'origine africaine a eu des conséquences de plus en plus négatives. Des inégalités significatives persistèrent entre les Régions Autonomes et le reste du Nicaragua.
Il y eut une augmentation marquée des niveaux de privation. Alors que le taux de pauvreté extrême dans le reste du pays a diminué de 14 %, au cours de ces cinq dernières années, il a, au cours de la même période, augmenté de 11 % chez les populations minoritaires et indigènes de la Côte Caraïbe.
Les résidents souffrent de très faibles taux d'emploi formel et sont principalement employés dans la pêche, l'agriculture et l'exploitation minière. Le niveau de chômage dans la région est estimé atteindre près de 90 %, par rapport aux 6,9 % dans l'ensemble du pays.
La majorité des populations indigènes et rurales minoritaires du Nicaragua n'a toujours pas accès aux soins de santé modernes, et la situation n'est que légèrement meilleure dans les principaux centres urbains. Les patients souffrant de maladies graves doivent être transportés par hélicoptère vers des hôpitaux de la région du Pacifique.
Sur les 5 398 écoles primaires du pays, seules 200 sont situées dans les Régions Autonomes, et le taux d'analphabétisme est de 40 %, par rapport à 23 % dans l'ensemble du pays. Malgré l'existence de programmes d'enseignement bilingue visant à intégrer les langues indigènes, aucun financement n'a été attribué pour le matériel et le personnel nécessaires. Par conséquent, ces langues ne sont que très peu utilisées, et l'enseignement en espagnol prédomine toujours.
Les services de base sont également limités ou non-existants. La provision d'eau potable est de 16,2 % seulement dans la RAAN, et de 24 % dans la RAAS, par rapport aux 60% à 70 % dans les régions du Pacifique. La situation du transport est encore plus critique. Dans de nombreux cas, les communautés indigènes peuvent uniquement être atteintes par bateau, et les routes existantes sont en très mauvais état. La RAAS ne possède pas plus de 225,3 kilomètres de routes pavées, alors que la RAAN n'a pratiquement pas de routes tracées et n'est accessible que depuis Managua, par avion.
Il y a clairement peu ou pas d'investissements dans l'infrastructure ; cependant, en 2005, le gouvernement commença à progressivement mettre en place un accord avec les autorités locales pour améliorer la construction des routes, l'approvisionnement en eau, les soins de santé, et l'éducation.
Selon les organisations locales, ce sont les agences gouvernementales - plus que les entreprises du secteur privé - telles que la Police Nationale, l'Armée Nationale, les Ministères des Services Sociaux, et le Système Juridique - qui semblent être celles qui violent le plus les droits de l'homme de la population. Quotidiennement, les actions de ces agences provoquent la plupart des dénonciations faites par les groupes indigènes et minoritaires concernant les violations des Droits Autonomes.
Certains observateurs ont également remarqué que, au cours des dernières années, le reste du pays a de plus en plus utilisé la côté Caraïbe comme « vanne de sécurité sociale », et exporté ses pauvres vers des terres appartenant traditionnellement à la région. L'un des problèmes les plus urgents pour les peuples minoritaires et indigènes est l'émigration continue des résidents pauvres de la région du Pacifique vers la Côte Atlantique, à la recherche d'une opportunité économique. Il y eut un certain nombre de confrontations violentes entre les colons et les peuples indigènes, aboutissant à des morts.
Cette invasion est caractérisée par une transformation croissante des basses forêts tropicales en des terres agricoles durables. Des zones importantes continuent d'être brûlées ou coupées le long d'une ligne nord-sud qui s'étend dans tout le pays. Ceci se déplace inexorablement vers l'est à un taux d'environ 400 miles carré par an, soit 10 fois plus rapidement qu'en Amazonie. Les estimations sont que, si cela continue, les forêts tropicales de la Région Autonome auront entièrement disparu d'ici 2025, avec des conséquences désastreuses pour l'environnement.
La victoire du Parti Sandiniste aux élections nationales du début de l'année 2007 observa une augmentation de la représentation des descendants indigènes et africains au niveau national, comprennant l'élection de trois députés créoles au Parlement d'Amérique Centrale, deux d'entre eux étant des femmes.
Un fait d'une importance significative pour les groupes indigènes et minoritaires du Nicaragua est que la république n'a pas encore ratifié la Convention BIT n° 169.
Cependant, en septembre 2007, la Cour Interaméricaine des Droits de l'Homme rendit une décision historique en faveur de la communauté Mayagna (Sumu) des Awas Tingni, qui traîna la République en justice. Des preuves furent présentées, démontrant que l'État avait émis des permis d'exploitation du bois sur 62 000 hectares de terres indigènes, sans informer ni demander le consentement des communautés. Les cours purent se baser sur la Convention Américaine sur les Droits de l'Homme, pour reconnaître les terres des Awas Tingni comme la « propriété » d'une communauté indigène, sur la base de l'utilisation et de l'occupation traditionnelles.
L'IACHR exerce juridiction au Nicaragua, conformément aux termes de la Convention Américaine sur les Droits de l'Homme et à la déclaration du Nicaragua de 1991, acceptant la juridiction de la cour ; toutefois, le gouvernement a jusqu'ici démontré une nette réticence à honorer les compensations obligatoires sous la décision IACHR AwasTingni, et les terres contestées n'ont pas encore été délimitées.
Ce n'est pas la première fois que la Commission Interaméricaine sur les Droits de l'Homme est intervenue dans les affaires nicaraguayennes pour des problèmes liés aux terres. En 1984, suite à des conflits entre le gouvernement nicaraguayen et les communautés Miskito, la Commission recommanda que le gouvernement définisse un titre légal pour les terres indigènes, afin de protéger les droits fonciers des indigènes. Cependant, depuis 1990, l'Institut Nicaraguayen des Réformes Agraires (INRA) n'a accordé aucun titre à aucune des communautés indigènes ou minoritaires, et la Commission Nationale pour la Démarcation des Terres Indigènes (CONDADETI) qui avait été prévue n'a toujours pas été mise en place.
En juin 2005, l'IACHR décida que le gouvernement avait également violé les droits politiques des Mistkitos et des Sumos en 2000, lorsque le Conseil Electoral Suprême interdit au parti politique Yatama, principalement indigène, de se présenter aux élections municipales qui eurent lieu cette année-là. L'IACHR déclara que le gouvernement devait reconnaître son viol des droits Yatama et payer 80 000 USD (1,36 million córdobas) à titre de dommages et intérêts. Le gouvernement accepta de respecter la décision.
Le Nicaragua fut accepté au début de l'année 2004 pour près de 45 milliards d'USD de réduction de la dette internationale sous l'initiative en faveur des Pays Pauvres très Endettés (PPTE). Ceci était largement basé sur ses performances antérieures réussies, sous son programme politique du Fonds Monétaire International. En théorie, ceci devrait contribuer à alléger les contraintes financières du pays, et faire que davantage d'argent soit disponible pour des investissements sociaux dans des régions précédemment marginalisées telles que la Côte Caraïbe.
En octobre 2005, le Nicaragua ratifia l'Accord Américain de Libre-Echange d'Amérique Centrale (CAFATA), qui, selon les promesses de ses promoteurs, fournira davantage d'opportunités pour les investissements et un meilleur développement économique. Cependant, en prenant en compte l'ancienne tendance du gouvernement central à considérer l'exploitation des ressources de la Côte Atlantique comme une solution aux problèmes économiques du pays, il y a de fortes probabilités que le CAFTA augmente la pression sur les peuples et les minorités indigènes, pour qu'ils renoncent à la plupart de leurs territoires et à leurs droits, sans avantages réciproques économiques ou sociaux.
Depuis les réductions significatives de services publics tels que l'éducation et les soins de santé gratuits, et l'effondrement du prix du café en 2000, de plus en plus de Nicaraguayens traversèrent la frontière sud voisine du Costa Rica, étant à la recherche de meilleures opportunités économiques. D'après un article publié dans le Monde Diplomatique (20/01/07), on estime qu'environ un demi-million de nicaraguayens vivent actuellement au Costa Rica. Cette migration par la frontière sud devint historiquement une pratique commune, en particulier pendant des périodes de violence politique et pendant la guerre des années 1980. Toutefois, depuis 1990, la migration a été entrainée par les difficultés économiques, résultant en une augmentation de la suspicion et de la xénophobie de la part des costaricains, qui considèrent les immigrants étrangers comme une menace, et des concurrents indésirables pour l'emploi.
Le Costa Rica connut son premier crime de haine en novembre 2005, lorsque le propriétaire d'un atelier lança ses deux Rottweilers contre un jeune nicaraguayen qu'il considérait comme un cambrioleur. La police se rendit sur les lieux, mais ne fit qu'observer, alors que cet home était déchiqueté à mort. Le film de l'incident fut diffusé par les médias nationaux, et entraina l'aggravation des tensions entre les deux pays. La plupart des immigrés nicaraguayens sont conscients de ce cas, et il est reconnu qu'il déclencha davantage de craintes au sein de la communauté, à tel point que les immigrés économiques nicaraguayens commencent à immigrer vers d'autres pays à la recherche d'une survie économique.
Dans certaines petites communautés nicaraguayennes et costaricaines qui vivent côte à côte et partagent des niveaux similaires de désavantages socioéconomiques, des initiatives ont été introduites, visant à améliorer les relations inter-communautaires. Bien que celles-ci ont réussi de façon relative, en dispersant les mythes et les craintes xénophobes, certains observateurs ont signalé la possibilité d'une intensification des tensions, si le taux de chômage actuellement modeste de 6,5 % augmentait, et si la concurrence pour l'emploi devenait plus acharnée. D'après ces observateurs, la situation déjà tendue à Guarariri, dans le parc La Merced et dans les plantations le long de la côte est pourrait nettement empirer.
Le 4 septembre 2007, l'ouragan Félix atteignit la Côte Caraïbe du Nicaragua, une tornade de catégorie 5 avec des vents d'une vitesse moyenne de 230 miles/heure. La Région Autonome de l'Atlantique Nord, principalement habitée par le groupe indigène Miskitu, fut la plus gravement touchée. L'Armée Nicaraguayenne rapporta la destruction de plus de 19 000 habitations, affectant près de 32 000 familles. Cent deux personnes perdirent la vie, et 90 % des cultures furent détruites, ainsi que le bétail et le matériel de pêche. Le coût de la reconstruction fut estimé à environ 50 millions d'USD.