La région de l'Asie Pacifique s'étend de la mer Caspienne à l'Ouest du Japon à l'Est, de la pointe Sud de la Nouvelle-Zélande aux frontières Nord du Kazakhstan et de la péninsule coréenne. Elle comprend six des dix pays les plus peuplés du monde et une extraordinaire diversité ethnique et religieuse.

L'Asie Centrale

Suite à l'effondrement de l'Union Soviétique, chacune de ses anciennes républiques d'Asie Centrale, à savoir, le Kazakhstan, le Kyrgyzstan, le Tajikistan, le Turkmenistan et l'Uzbekistan, est restée largement compromise dans un autoritarisme marqué par l'intolérance pour les minorités ethniques et religieuses. Au Kyrgyzstan, à l'Uzbekistan, et au Tajikistanla, la violence interethnique est survenue juste avant, pendant ou juste après l'indépendance en 1991. Les cinq pays sont devenus plus homogènes par l'émigration des groupes minoritaires, souvent russes ou des nationalités dominantes des États voisins. Les minorités ont quitté le pays en partie à cause des lois, des politiques et des pratiques de discrimination contre elles, en général pour des raisons linguistiques. L'Uzbekistan a pris des mesures extraordinaires contre les fondamentalistes présumés islamiques, qui sont de manière disproportionnée d'ethnie Tajik. Masquant sa politique dans la rhétorique de la « guerre mondiale contre le terrorisme », le régime d'Islam Karimov est néanmoins parvenu à attirer des critiques américaines voilées, suite au massacre d'Andijan de mai 2005 qui ne tua pas moins de 750 manifestants non-armés. À des niveaux différents, l'Uzbekistan, le Tajikistan, le Turkmenistan et le Kyrgyzstan ont tous fait usage du besoin occidental de droits de base ou d'espace aérien pour des opérations militaires en Afghanistan visant à détourner les critiques d'abus des Droits de l'Homme. Les régimes autoritaires du Turkménistan et du Kazakhstan ont aussi influencé avec succès la soif internationale pour leurs réserves de gaz et de pétrole pour détourner une pression significative sur les améliorations des Droits de l'Homme et la démocratisation.

L'Asie du Sud

A travers l‘Asie du Sud, l'abus des minorités et la politisation de l'ethnicité, de la langue et de la religion ont alimenté des conflits de longue date. Le déplacement massif humain accompagnant la division du sous-continent indien en 1947, et les trois guerres successives indo-pakistanaises, ont laissé une minorité musulmane indienne importante se sentir vulnérable au milieu d'une population majoritairement hindoue avec des éléments extrémistes vocaux. Les Cachemiriens ont particulièrement souffert du fait que les politiciens, les services de sécurité et les militants indiens et pakistanais ont transformé le statut contesté de cette région divisée en un symbole politique fortement chargé. Au Sri Lanka, les ethnies tamoules et musulmanes ont été prises dans des combats entre le gouvernement et les forces rebelles, et ont été spécifiquement ciblées pour les enlèvements et les disparitions. L'invasion soviétique de l'Afghanistan en 1979 et la guerre par personnes interposées qui s'en est suivie avec les États-Unis ont significativement aggravé les relations interethniques. Suite à l'éviction menée par les États-Unis du régime taliban dominé par les Pashtouns en 2001, au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre, les seigneurs de la guerre afghans constituèrent un obstacle majeur à la consolidation de la démocratie naissante du pays. Partenaire de nom seulement dans la « guerre mondiale contre le terrorisme » de Washington, le régime du Pakistan a toléré et participé aux attaques sur les villages pashtouns le long de sa frontière avec l'Afghanistan.

Malgré des protections légales, la démocratie turbulente de l'Inde n'a pas sécurisé les droits de ses nombreuses minorités. Au sein de la majorité hindoue, la basse classe sociale des Dalits (« Intouchables ») souffre d'une marginalisation pénétrante dans la vie publique et privée ; ceci est également le cas pour diverses populations indigènes Adivasis (ou tribales). « L'intouchabilité » reste aussi étendue au Népal voisin, où le gouvernement a fait preuve de peu de capacités dans l'apport d'une protection, et les femmes dalits ont particulièrement souffert de l'exploitation sexuelle exercée par des hommes de classe sociale plus élevée.

Depuis son établissement en 1947, le Pakistan a de plus en plus supprimé les minorités religieuses et ethniques, ainsi que les peuples indigènes tels que les Kihals, par l'application de l'Islam officiel et par des stratégies de développement imposées avec peu ou pas d'égard envers les droits des minorités et des peuples indigènes. Suite à la séparation entre le Bangladesh et le Pakistan en 1971, les communautés de colons bengalais ont attaqué les villages indigènes Jumma avec la tolérance du gouvernement.

L'Asie de l'Est et du Sud-Est

Les minorités ethniques et religieuses du pays le plus peuplé du monde, la Chine, sont confrontées à des menaces sur leurs droits provenant du mélange d'un gouvernement autoritaire, le nationalisme Han, et d'un développement rapide. Beijing définit strictement les minorités, laissant certains groupes - souvent ceux habitant dans les régions ayant de riches ressources naturelles - non reconnus. Le gouvernement traite couramment les groupes minoritaires importants comme d'éventuels séparatistes ou des menaces envers le régime communiste, et agit avec brutalité pour réprimer les dissidents. Le Tibet bouddhiste a vu son dirigeant être mené en exil, un dirigeant favorable au régime fut désigné à sa place, et une immigration massive de Chinois Han fut provoquée par le gouvernement. Le gouvernement a supprimé le mouvement Falun Gong, les communautés chrétiennes, et a enrobé ses mesures de répression sur la communauté musulmane Uyghur de la région du Xingian dans la rhétorique de la « guerre contre le terrorisme ».

Les efforts pour combattre la menace des islamistes radicaux constituèrent des défis pour les minorités dans de nombreux États de la région. Le gouvernement des Philippines a mené une guerre contre les militants islamistes, mais, au nom de cette lutte, il a également ciblé les activistes de l'opposition,. Suite à l'attentat à la bombe de Bali en 2002, le gouvernement indonésien commença aussi « étiqueter » tous les opposants comme des « terroristes ».

Les groupes minoritaires ethniques et religieux en Indonésie s'irritèrent longtemps contre le gouvernement central dominé par les Javanais, réputé pour sa corruption pendant les trente années de règne du Général Suharto. L'armée indonésienne exploita les tensions sectaires et ethniques pour conserver son influence et empêcher un examen approfondi des ses abus passés contre les Droits de l'Homme. En Birmanie, où un conflit ethnique suivit l'indépendance de la Grande-Bretagne en 1948, le régime militaire brutal et rigide au pouvoir depuis 1962 cibla aussi les communautés minoritaires ; une grande partie de la résistance envers ce régime provenait des milices ethniques minoritaires.

La migration à grande échelle des populations chinoises et indiennes vers d'autres pays de toute l'Asie du Sud-Est mena à un ressentiment local de leur succès économique relatif et à la discrimination, particulièrement en Indonésie et en Malaisie.

L'Océanie

Les problèmes des minorités en Australie et en Nouvelle-Zélande sont centrés sur les approches de leurs plus anciennes et plus nouvelles communautés : les peuples indigènes et les nouveaux immigrés.

Les aborigènes et les insulaires du détroit de Torres en Australie restent profondément marginalisés et embourbés dans les problèmes sociaux, y compris l'alcoolisme, la violence et les abus sexuels envers les femmes et les enfants. Les souvenirs d'efforts du gouvernement jusqu'à 1969 d'intégrer de force les enfants aborigènes, et les efforts du gouvernement actuel d'annuler les victoires en matière de droits fonciers des aborigènes dans les tribunaux, contribuèrent à un climat de méfiance envers les nouvelles initiatives officielles visant à réduire les problèmes sociaux chroniques. En Nouvelle-Zélande, le peuple indigène Maori fait également face à une espérance de vie plus courte et à des taux de chômage plus élevés que la population générale, mais il existe des tendances à l'amélioration dans ces domaines, et un véritable processus de vérité et de réconciliation initié en 1975 créa un espoir de réconciliation et une base possible pour le traitement des revendications des droits sur les terres maories qui sont en cours.

Les communautés asiatiques et musulmanes d'Australie constituent près de 8 % de la population et ont fait face au harcèlement et à la récente accentuation du gouvernement sur « l'australienneté ».

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